La fresque
The fresco
Esquisse
Pour 2008
et 2009, une fresque panoramique à disposer en arc de
cercle, de 27 mètres de long sur 3 mètres de haut est en
préparation soient 9 toiles sur châssis de 3 mètres sur 3
mètres alignées.
Images en détail au fur et à
mesure de la réalisation de la fresque dans le
sous-dossier.
Scénario
initial
Initial storyboard



J'aimerais que cette fresque regroupe dans un premier temps
l'ensemble des mes thèmes favoris, en y intégrant tous les
nouveaux à venir au fur et à mesure de sa réalisation.
Elle commence une interprétation de la "Forêt de Dante" sur
une île inconnue avec ses suicidés lovés sur des branches,
réfugiés dans les arbres comme sanction éternelle issue
d'un dernier jugement et ses chiens qui attendent leur
chute pour les dévorer. J'y ai ajouté des arbres aux
écorces acérées et profondes, prolongés de racines
mouvantes telle une mangrove inextricable dans les méandres
de laquelle surgissent des visages, des couples enlacés ou
endormis, des têtes d'animaux affolés. La forêt est peuplée
de tortues géantes, comme témoins muets et lents d'un monde
rampant. Les branches des arbres se terminent par des mains
implorantes. Des pieds et des mains comme viandes à
l'étalage, suspendues comme à des herses, pendent des
branches noueuses dans le vide comme un linge mouillé et
lourd dans un jour sans vent, offerts en attendant aux
chiens enragés et affamés qui les saisissent entre leurs
machoires en sautant.
Les chiens à leur extrémités non pas des pattes mais des
mains et des pieds comme ayant muté à force de manger ces
denrées amenées chaque jour plus nombreuses par la mer
entourant l'île.
La forêt est au bord de la mer et le rivage est tumultueux,
secoué par l'arrivée d'une baleine égarée soulevant une
embarcation de fortune de son corps immense, qui accédait à
la côte enfin et se voit briser en deux parties par le
mammifère affolé si près du but. Les malheureux entassés
pèle mêle dans le bateau agitent leurs membres en tout
sens. Les mats penchent et se brisent et deviennent
l'ultime refuge de mains sans propiétaire apparent. Des
singes sont montés au sommet des mats et s'y retiennent
d'un membre, semblant s'amuser de la bascule engendrée.
On entend des cris mélangés d'animaux et d'humains.
Une vache sacrée, exsangue et translucide tombe du ciel
dans ce chaos, escortée de vautours chatoyant et
majestueux.
Partout il y a des mains venues de nulle part, comme ayant
remplacé les nuages dans ce ciel apocalyptique, démesurées
et qui tiennent et retiennent ou s'aggripent à tous ces
éléments qui volent en éclats, pour retomber épars sur la
surface de l'eau qui les avale.
Les mains aux extrémités des branches tentent d'attraper le
crustacé géant et ramassent les morceaux de corps des
naufragés pour les engouffrer au fond de la forêt comme
pour la nourir. C'est un ballet de va et vient de visages
ramassés et déposés dans la forêt que les racines caressent
et font disparaître.
Un calmar géant est venu secourir la baleine et telle une
grue tente de l'éloigner du rivage en la hissant. Mais des
mains se dirigent aussi vers lui.
Les tentacules du poulpe enserrent amoureusement le poisson
qui peine à se soulever, comme une montgolfière clouée au
sol.
Plus loin se dessine la horde des réfugiés suivant les
premiers bateaux échoués sur ce rivage inconnu qui ne
prévient pas du destin qu'il réserve à ceux qui y
accostent.
Des soldats blessés, fuyant la guerre, sont montés dans des
embarcations de fortune comme celui ci assis dans le
squelette volant de sa monture, comme des Mazeppa au bout
du voyage.
Certains combattants sont armés et chevauchent des
hippocampes, cernés de poissons préhistoriques et
carnivores à la gueule béante comme aides de camp et de
plus petits chevaux de mer, multiples, fragiles et
indifférents. D'autres font virevolter des motocyclettes
volantes. Ils ramènent un butin illusoire composé d'une
cheval blanc de craie aux côtes apparentes, immaculé,
menacé d'avancer par des piques, des carabines et des
fouets que simulent des anguilles anthropophages qui
claquent dans le vent comme des oriflammes. Derrière
courent droites devant elles, des girafes.
Partout des mains géantes qui attrapent tout ce qui passe,
venues de nulle part comme les armes démesurées de ceux,
invisibles, qui ont provoqué et organisé cet exode.
Enfin la fresque se termine (momentanément) par une barque
géante, fatras de planches incongrues qui supporte un tas
humain comme un immense ballot de linge où s'emboitent et
se mélangent couples enlacés, animaux, personnages
solitaires et inquiets, carcasses de frigidiaire, de
cuisinière, de voiture calcinée, résidus en tout genre,
sans hiérarchie, jetés dans ce bateau comme on vide une
poubelle géante.
L'embarcation de 9 mètres de long est centrée par un tronc
d'arbre large et sans branche comme ayant été frappé par la
foudre et dont les racines semblent comme des rames faire
progresser le radeau ainsi abandonné.
Une houle profonde et épaisse assure la dérive de
l'embarcation vers le rivage et sa forêt finale.
Tout est branlant, chancelant, au bord du vide, suspendu et
inerte, entraîné dans un mouvement inexorable dans une
seule direction, imprimée par le vent et le courant marin.
A
suivre, prolongement et agrémentation de détails au
fur et à mesure de la réalisation de la fresque
....
Fin des
travaux prévue fin 2009-début 2010.